Ces villes désertées par les actifs

Hackaviz 2019

  

Par Vincent Dagneaux et Pierre Vincenot

Voiture, vélo, transports en commun, ou marche à pieds. Les territoires d’Occitanie ne sont pas égaux face aux transports. A l’occasion du Hackaviz 2019, organise par Toulouse dataviz, l’équipe d’Immédiat s’est plongé dans le jeu de données fourni. Nous nous sommes intéressés à ces communes que tout le monde quitte pour aller travailler. Quelles sont-elles, pourquoi sont-elles désertées par les actifs, quels sont les trajets domicile-travail les plus courants, et surtout, qui sont ces travailleurs qui vivent loin de leur lieu de travail.  

Ces communes qui se vident tous les matins

Commençons par un petit état des lieux. En Occitanie, il y a 4516 communes réparties sur 13 départements.

Communes

En analysant les données des déplacements domicile – travail, on se rend compte que 50% des communes de la région peut être considérée comme « villes dortoir ». En effet, au petit matin l’essentiel des actifs partent travailler ailleurs.

La moitié des communes perd entre 72% et 100% de leurs actifs. Ils partent travailler dans une autre commune que celle de leur résidence. En moyenne, les communes d’Occitanie perdent près de 68% de leurs actifs. 

Regardez la carte de ces communes ci-dessous.

%

Sont des communes dortoir

Carte des communes dortoir

où + de 72% des actifs quittent leur commune de résidence pour travailler

Naviguez dans la carte en zoomant / dézoomant et en changeant les critères. 

Un quart des villes d’Occitanie perdent plus de 80% de leurs actifs. En navigant dans la carte ci-dessus, on se rend compte que que ces villes ont en moyenne 622 habitants. Elles sont situées en Haute-Garonne (120 000 actifs quittent leur ville tous les jours), Hautes-Pyrénées, Gard et Tarn. 213 communes d’Occitanie se vident de l’ensemble de leurs actifs. Regardez le classement des villes :

 

Les départements ruraux sont logiquement impactés par cette fuite des actifs. Mais on constate que les communes périphériques des grandes agglomérations ont également du mal à garder leur travailleurs pendant la journée. Pour bien comprendre le phénomène, il convient de s’intéresser maintenant à ces travailleurs. Qui sont-ils ?

Les plus pauvres travaillent à l’extérieur de leur commune

En répartissant les communes d’Occitanie en 10 groupes égaux (au centile) on constate que celles dont le revenu médian est le plus bas, sont les communes où le taux de départ est le plus élevé (supérieur à 89%). Regardez le la répartition ci-dessous. Cela s’explique sans doute par le coût de la vie élevé dans les villes attractives, qui oblige les actifs à s’éloigner de leur commune de travail. 

Afin de valider cette analyse, il convient de s’intéresser aux catégories sociaux professionnelles. En navigant dans les données, on constate que la catégorie qui sort de sa commune de résidence pour travailler, est la catégorie CSP3. Elle correspond aux employés et ouvriers, soit les métiers dont le pouvoir d’achat est le plus bas. Regardez la répartition des départs, par catégorie : 

Analyse des départs, par département et par classe socio-professionnelle. Les cartes ci-dessous représentent le taux moyen de sortie de chaque classe socio-professionnelle. On se rend compte que les sur le nombre total de départ de la commune de résidence, les CSP3 sont majoritaires dans les départements ruraux, alors que les CSP1 sortants sont plutôt en Haute-Garonne. 

Les Villes attractives sont les villes du premier quartile du ration de départ des actifs, soit les villes qui ont le moins de départ. Les villes dortoirs sont celles au dessus du 3e quartile, celles qui ont le maximum de départ d’actifs.

Des pôles d’attractivité qui vident les communes alentours

Pour conclure cette analyse des villes dortoirs, il convient maintenant de regarder quels sont les pôles d’attractivité professionnelle dans la région. Pour cela, nous avons élaboré une carte des flux des trajets professionnels. On retrouve les grandes villes, mais on se rend compte que les flux sont également entre communes plus petites. D’autres éléments sont à noter : les communes de la Métropole ne sont pas logées à la même enseigne. Entre Toulouse et Colomiers, par exemple, le flux de sortant dans chacune des villes est similaire. A Tournefeuille, il est totalement déséquilibré, très peu d’actifs habitent Toulouse et travaillent à Tournefeuille. 

Naviguez dans la carte ci-dessous et cliquez sur une commune pour voir quels sont les flux domicile – travail, ou cherchez votre commune. 

Outils utilisés : 

Pour cette Dataviz, nous utilisé les outils suivants:

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